Interview Elsa Poncet – Cursus Formateur Professionnel d’Adultes

  1. Quelles sont selon vous les 3 qualités essentielles d’une formatrice ?

Je choisirais celles qui permettent de porter un message clair, sincère, et de sortir de la posture d’experte : l’authenticité, le « non verbal », et l’empathie.

L’authenticité car elle est essentielle pour établir une connexion sincère avec l’auditoire.  Je ne suis pas à l’aise sur le contenu ou le message porté par la formation ? Je réagis au plus vite en demandant de l’aide ou en ajustant la formation. Car si je ne suis pas « alignée », cela s’entendra et se verra ! Je n’ai pas la réponse à une question ? Ce n’est pas grave, je l’admets et je trouve la solution la plus adaptée pour y remédier. Plusieurs personnes parmi mon public ont une meilleure expertise terrain ou sectorielle que moi ? C’est inévitable, et c’est une bonne nouvelle, car tout le monde pourra bénéficier de leurs connaissances et expériences. Abandonner toute tentative de masquer ses limites et embrasser pleinement son authenticité peut prendre du temps, mais cela « libère » tout le monde : les personnes qui forment comme celles qui sont formées. 

Authenticité et non-verbal sont liés. Si je suis authentique, naturelle, cela s’entendra, mais aussi, et peut-être même surtout, cela se verra. Je pourrais – sans même avoir à le calculer ou le travailler – avoir une communication qui « embarque » : mots, gestes, intonations, posture…renforceront le propos de manière cohérente. Former, c’est aussi identifier un changement à opérer, et l’accompagner. Si le non-verbal me trahit, si j’ai l’air faussement convaincue ou passionnée, ce changement n’opérera pas. 

Enfin, dernière qualité essentielle à mes yeux, l’empathie. Attention, on définit souvent l’empathie comme le fait de « se mettre à la place de ».  Mais en formation, il s’agit plutôt d’essayer de comprendre les personnes tout en gardant un certain recul. Je travaille dans un cabinet de conseil et formation, Des Enjeux et Des Hommes, spécialisé sur un thème sensible : les transformations nécessaires des entreprises et de la société face aux enjeux planétaires, et notamment la crise écologique. Dans ce contexte, pratiquer la « vraie » empathie, c’est-à-dire accepter la différence sans jugement quelles que soient mes propres valeurs, mon éducation et mes habitudes, est incontournable. Sinon, je risque d’être contre-productive. Si je ne cherche pas à comprendre les besoins se cachant derrière les réactions émotionnelles des personnes face aux constats présentés (déni, tristesse, colère, impuissance…), je risque de générer des blocages chez elles.  Cette empathie, qui passe aussi par une sensibilité au non-verbal, crée un environnement de formation inclusif où chaque personne se sent entendue et soutenue dans son parcours.

  1. Quels sont les principaux points forts du cursus de Formateur Professionnel d’Adultes de l’ISTF ?

Il offre une approche très pragmatique, en mettant au cœur du processus de conception d’une formation la recherche d’activités « réalistes et pratiques » pour les participant⸱es. Avec du recul, j’ai réalisé que cette approche était assez semblable à celle de l’« Action Mapping » de Cathy Moore. Cathy Moore est une conceptrice américaine dont le leitmotiv est « Let’s save the world from irrelevant training ». Et bien le cursus FPA (« Formateur Professionnel d’Adultes ») de l’ISTF donne justement les bagages pour concevoir des formations percutantes et pertinentes. On nous y apprend à « renverser » en quelque sorte le processus conventionnel de conception : comment changer ce que les personnes font, et non pas ce qu’elles savent. Et pour cela, commencer par comprendre quels sont les défis réels, tangibles, que le client cherche à relever via la formation, comment pouvons-nous même justifier le coût de cette formation. Déterminer en fonction un objectif métier mesurable, et ce que les personnes devront faire concrètement pour que cet objectif soit atteint. Et enfin, identifier les activités pratiques qui les aideront, en formation, à développer leurs compétences ou tout ce dont elles ont besoin. 

L’ISTF transmet cette approche, et l’applique dans le cursus FPA lui-même, qui devient une forme de démonstration par l’exemple que l’essentiel, dans une formation, est qu’elle contienne des exercices concrets, bien pensés, connectés à l’application sur le terrain / sur poste. Ainsi, l’ensemble du parcours est essentiellement axé sur la pratique. Il n’y a pas ici de « décharge » d’informations. Seules les informations nécessaires sont fournies, comme une sorte de soutien pour changer ou soutenir nos comportements de formateurs et formatrices d’adultes.

L’autre aspect très intéressant dans ce cursus, c’est la méthode originale proposée pour monter des formations distancielles hybrides. Le cursus s’adresse à des futur·es professionnel·les de la formation ayant des profils variés (free-lance, membres d’organismes de formation de toutes tailles, personnes en reconversion, etc.). La méthode DLTE s’adapte à cette diversité. Elle est tout-terrain et relativement low tech. Cela m’a convaincue, car avoir une approche simple et pragmatique pour monter ses dispositifs multimodaux est un premier pas indispensable pour des formations à impact.


Il s’agit d’une formation certifiante, et l’ISTF réussit le pari, sur 6 mois, de la mener de A à Z en ayant une approche modulaire. Brique après brique, avec des visages d’intervenant·es ou de participant·es parfois nouveaux, la progression au travers des différents modules s’est faite de manière à la fois fluide, structurée et structurante…avec le diplôme à la clé !

Enfin, l’équipe de formation ISTF incarne un style d’animation très inspirant : un grand professionnalisme, doublé d’une bonne dose de naturel, d’humour, de simplicité et d’humilité. 

  1. Qu’est-ce qui vous a poussé à suivre cette formation ?

Il y a 5 ans, j’ai mis de côté ma casquette d’experte des labels de Commerce Équitable chez ECOCERT pour me consacrer à ce qui m’animait le plus : la formation. 

Au sein de sa filiale spécialisée en conseil et formation, j’ai rejoint une petite équipe motivée, une sorte de « laboratoire pédagogique ». Accompagnée de mes super collègues (une ingénieure pédagogique, un concepteur multimédia, un directeur de projet), je stimulais ma créativité en gérant des projets de modules e-learning sur les thématiques de durabilité (labels bio, commerce équitable, RSE, etc.). Avec les bons partenaires, nous obtenions d’excellents résultats. Parallèlement, j’animais des formations synchrones, tant pour le groupe, en interne, que pour des clients externes.

Cependant, je voulais mieux résoudre l’équation de la formation hybride, et proposer des parcours multimodaux innovants. Je souhaitais aussi valider officiellement mes pratiques de formatrice pour gagner en confiance et en légitimité. Pari gagné, car le parcours FPA m’a non seulement donné les clés pour mêler synchrone et asynchrone de manière pragmatique, mais aussi permis de bénéficier d’un regard extérieur bienveillant et constructif validant mes compétences.

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